A l’ATAMA, nous privilégions les arts du Contact car nous sommes convaincus
qu’ils reflètent mieux la réalité martiale. D’ailleurs, le seul style de Karaté
pratiqué actuellement au sein de notre association est le Kyokushinkaï qui
permet les combats à frappes réelles. Dans cet ordre d’idées, le kick boxing
représente un excellent complément pour cette forme de Karaté, dans la mesure où
il autorise les coups au visage (avec le port de gants).
Full
contact
L’origine de cette forme de kick boxing est née de l’initiative de certains
karatékas voulant tester leurs techniques de frappe. Frustrés de ne pouvoir
exercer leurs techniques à pleine puissance (les coups en Karaté classique étant
contrôlés), ils se sont servis de gants de boxe.
Ainsi, des pionniers comme Joe Lewis, Bill Wallace, Chuck Norris, aux USA, et
Valéra en Europe ont su se faire les chantres de cette nouvelle forme de combat.
Ils auront à jamais leur nom inscrit en lettre d’or dans l’histoire des arts
martiaux et des sports de combat, car ils ont su remettre en question
l’enseignement trop rigide d’une certaine tradition japonaise. Du reste,
l’influence américaine est telle, que l’on qualifie cette forme de boxe
pieds-poings de boxe américaine.
En Tunisie, c’est Ridha Zouari qui introduisit le Full Contact, dans les années
70. Mais Hassan El Ayat, par ailleurs ancien Directeur Technique de la Fédération
Tunisienne de Tae Kwon Do et Disciplines Associées, a repris le flambeau, dans
les années 80, en fondant, avec les frères Ajouz, l’Association Tunisienne de
Kick Boxing, Boxe Française et Savate (ATKBBFS). Une collaboration plutôt
fructueuse, qui a abouti à la mise sur pieds du premier championnat du monde de
Kick Boxing, sous la Coupole d’El Menzah. Des stages furent même organisés, sous
la férule du champion du monde Imed Mathlouthi. Des galas, et démonstrations de
bonne facture se sont multipliés. Habib Sassi, résidant en France contribua
également à promouvoir ce sport, à travers des exhibitions spectaculaires.
Malheureusement, une scission s’ensuivit et entraîna la création d’une nouvelle
association, l’Union Tunisienne de Kick Boxing et Boxe Française, présidée par
El Ayat. L’histoire du Kick Boxing tunisien se révèlera plutôt mouvementée, avec
des séparations à répétition, qui auront pour conséquences, l’émergence de
plusieurs associations : l’Association Sportive de Kick Boxing et Boxe
Française, présidée par Ezzedine Charni, l’Association Tunisienne de Kick et
Thaï Boxing, dirigée par les frères Ajouz et une dernière à Sidi Bouzid.
Paradoxalement, cette activité trépidante dans les milieux des boxe pieds-poings
pouvait sembler frustrante pour les jeunes kick-boxeurs tunisiens : ils
assistaient à des championnats du monde, des stages, chez eux, sans que cette
discipline n’ait d’existence officielle ! En effet, la Fédération Tunisienne de
Kick Boxing et Disciplines associées, ne verra le jour qu’en 2004.
Top
Kick
Boxing (with low kicks)
Dans les compétitions amateurs, cette forme de boxe se pratique toujours en
short, avec des mousses aux pieds, et parfois, des protèges-tibias. La
compétition la plus relevée en Kick Boxing, est certainement le tournoi du K1,
organisé au Japon.
Ce sont du reste les Japonais qui ont popularisé cette forme de combat,
notamment le maître de Karaté Kyokushinkai Kenji Kurosaki (ex-bras droit de Mas
Oyama), converti au Kick Boxing et fondateur du célèbre Meijiro Gym de Tokyo.
Toutefois, si l’influence de l’école thaïlandaise, est parfois occultée, elle
n’en est pas moins certaine. Cela dit, c’est bien Kurosaki qui jettera les
fondations du Japan Kick Boxing. Il formera de grands combattants, comme
notamment le célèbre Fujiwara dont la finesse technique était sans égale au pays
du Soleil Levant. L’école hollandaise est tout aussi réputée, avec des
représentants éminents, comme le Chakuriki Gym et le Meijiro Gym d’Amsterdam.
En Tunisie, Mohamed (dit Momo) Dridi, qui a remporté plusieurs ceintures
mondiales, et Lotfi Azouz responsable des grades auprès de la Fédération
Française de Kick Boxing, représentent à coup sûr la crème de cette boxe
pieds-poings. Au niveau international, l’organisme le plus crédible qui a pris
en main la destinée du Kick Boxing, est indéniablement la World Kick Boxing
Association (WKA). C’est dans ce cadre qu’ont pu se distinguer des champions
aussi célèbres que les Benny Urquidez, Rob Kaman, Fred Royers…
Top
Boxe
Française
La BF est proche du Kick Boxing. Mais si les coups de pieds (chassés et
fouettés) au niveau bas sont autorisés, ils ne sont portés qu’avec le cou de
pied. Les coups de tibia restent interdits. De plus, tous les coups doivent être
armés avant de percuter l’adversaire, quoique de nos jours, la BF gagne en
fluidité, du fait de l’influence des autres formes de boxe, et du fait que
plusieurs tireurs en BF participent à des tournois de Full Contact et de Kick
Boxing. En Tunisie, ce sont les frères Ramzi et Karim Chebbi, fondateurs de
l’Association Tunisienne de Boxe Française, qui ont le plus contribué à la
promotion de l’Art Noble de la Savate. Dans notre pays, les pionniers de ce
sport sont notamment, Ridha Khémiri (surnommé Ridha BF), mais aussi Taoufik
Belbouli, plus connu pour son palmarès en Boxe Anglaise (champion du monde !)…
Top
Boxe
Thaï
La boxe la plus complète, puisque toutes les frappes sont autorisées sur tout le
corps. Un arsenal technique redoutable qui comprend les coups de coudes, de
genoux, et même les saisies et les projections. Sport national de la Thaïlande
où elle déchaîne les passions, ses combattants sont véritablement adulés au pays
du Siam. Les boxeurs thaïs sont durs au mal, et aussi combatifs que résistants.
Leur technique est sèche et puissante, particulièrement servie par leurs tibias
endurcis par un entraînement quotidien. Des tibias qui servent autant pour
l’attaque que pour la défense, et qui contribuent largement à forger les
réputations.
En définitive, la Boxe Thaï reste un excellent test, quasiment un passage obligé
pour tout combattant désireux de d’affiner ses connaissances martiales, et
surtout de se confronter à la réalité du combat. Toutefois, on notera que les
coups de tête sont formellement interdits, ainsi que les grandes projection de
hanche, ou les mouvements de sacrifice. Le combat s’arrête au moment où l’un des
deux adversaires est à terre.
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